Premières expériences




Claude Chappe réalise sa première expérience publique de communication à distance le 2 mars 1791, à l’âge de 28 ans. Le système consiste en deux cadrans mobiles dotés d’aiguilles et de chiffres, installés respectivement dans son village natal de Brûlon et le village de Parcé distants de 14 km.
L’expérience, qui consistait à envoyer un message dans chaque sens fut réussie. Elle fut authentifiée par un compte-rendu officiel, et Chappe peut, avec ces preuves de fonctionnement, se rendre à Paris.

A Paris, les recherches de Claude Chappe l’amènent à inventer plusieurs systèmes, avec des techniques différentes.
Les menaces d’invasion sur les frontières entraînent la nécessité de moyens de communication rapides.
Le 12 juillet 1793, Claude Chappe démontre devant une commission mandaté par la Convention, la fiabilité de son système par une transmission de message sur 40 km.

La Convention convaincue par Lakanal, rapporteur de la commission en date du 27 juillet 1793, décrète :
«La Convention nationale accorde au citoyen Chappe, le titre d’ingénieur thélégraphe, aux appointements de lieutenant de génie, charge son Comité de Salut public d’examiner quelles sont les lignes de correspondance qu’il importe à la République d’établir dans les circonstances présentes...» (sic) et, le 4 août 1793, ordonne la création de la première ligne entre Paris et Lille.

Le Ministre de la guerre chargé de cette mission n’est autre que le messin Jean Baptiste Bouchotte. Grâce à la rapidité des transmissions, les Conventionnels sont convaincus de l’utilité du télégraphe et le réseau commence à se constituer (fig. 2). Carte des lignes

Comme nous l’avons vu précédemment, l’expansion du réseau évoluera en fonction des circonstances militaires et politiques.
Bonaparte Premier Consul fit fermer les lignes faute de finances. C’est l’époque des restrictions.
Napoléon proclamé Empereur des Français (1804), face aux troupes de la coalition, développe le réseau qui prend ainsi une dimension européenne.
Ainsi Paris dialogue avec : Lille (1793); Strasbourg et Dunkerque (1798); Brest (1799); Huningue-Bâle (1799); Lunéville (1800); Calais, Boulogne, Bruxelles-Anvers (1803); Lyon-Turin (1807); Milan (1809); Flessingue (1809); Amsterdam (1811); Venise (1810) et la dernière ville, Mayence (1813).
Avec la chute de Napoléon (1814-1815), et le nouvel ordre décidé par le Congrès de Vienne, le réseau se réduit à l’hexagone.
Son déploiement reprendra bien plus tard, par un maillage du sud, jusqu’alors oublié. Progressivement la toile s’étend : Lyon-Toulon (1821), Paris-Bordeaux-Bayonne (1823), puis la transversale Avignon-Bordeaux. Viendront se rajouter des ramifications. Avranches-Cherbourg-Nantes, Bordeaux-Blaye, Narbonne-Perpignan, etc.